Contexte

Si le mot singlespeed était listé dans les dictionnaires de langue française, on lirait sûrement ceci :

SINGLESPEED [‘siηgœlspi:d] n.m. — vers 1990 ; mot angl., de single «seul» et speed «vitesse» ◆ SPORT Bicyclette disposant d’un unique rapport de transmission, pourvue d’un système de roue-libre — Recomm. offic. monovitesse.

Un singlespeed (ou monovitesse) est donc une bicyclette ramenée à sa plus simple définition: un châssis, deux roues, de quoi freiner et une transmission avec un unique pignon. Seule entrave à la simplicité, l’utilisation d’un système de roue-libre permettant de déconnecter la rotation de la roue arrière de celle du pédalier (contrairement à un vélo de piste à pignon fixe).

Pour illustrer visuellement le concept du singlespeed, voici un exemple. Il s’agit d’une conversion à partir d’un cadre de VTT non dédié au singlespeed, au moyen d’un tendeur :

Exemple

Exemple

Le singlespeed est quasiment aussi vieux que le vélo, mais a été abandonné dès que possible sur la majorité des vélos sportifs (à l’exception du BMX). Dans les années 1990, le mouvement VTT singlespeed est apparu, une tendance underground, ne rassemblant que quelques adeptes. Puis il s’est diffusé plus largement par le bouche-à-oreille, restant tout de même une pratique largement minoritaire. En France, c’est en 2005 que le nombre de singlespeed a cru (voir l’historique de One Gear).

Pour finir de planter le décor du thème de One Gear, voici quelques questions usuelles de personnes découvrant le singlespeed :

    • Elles sont où les vitesses ? Dans le moyeu ?
      Généralement, rien n’est caché sur un singlespeed. Ce n’est pas une draisienne, il y a bien une transmission, mais elle est réduite au minimum : un seul rapport.
    • C’est pour faire du trial / des figures, alors ?
      Même si la plupart des VTT destinés au trial, aux champs de bosses et autres skate-parks sont montés avec une seule vitesse, ils n’ont pas grand chose à voir avec le singlespeed tel que décrit sur One Gear. La similitude technique de la transmission ne fait pas celle de la pratique.
      Le singlespeed, c’est avant tout de la randonnée, voire du cross-country pour les férus de compétition. C’est donc un vélo relativement léger, destiné à aligner les kilomètres. C’est un vélo fait pour monter autant que descendre, malgré sa limitation d’une seule et unique vitesse.
    • C’est pas trop dur ?
      Un peu. Mais à moins de rouler dans les Alpes (ou équivalent) tous les jours, le singlespeed est physiquement abordable pour une majorité de pratiquants. L’effort étant très différent, les premières sorties sont perturbantes. Mais avec la pratique, on trouve une manière de rouler plus efficacement.
    • Ça sert à quoi ?
      Dans l’absolu, à rien. Comme 10mm de débattement en plus sur une fourche à suspension ou une couleur différente.
      Dans la pratique, il n’y a pas de réponse unique à cette question. Chaque singlespeeder est différent et ses raisons de rouler en singlespeed le sont aussi. Mais le point commun à tous est le plaisir,  celui de rouler, de se dépasser et de passer un bon moment, seul ou en groupe.
      Au final, peu importe les raisons, on ne comprend le singlespeed que si on le pratique.

PS : One Gear traite avant tout de VTT et cyclocross singlespeed, mais les concepts et techniques décrits sont aussi applicables à la route, aux vélos de ville, etc.

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