Dossier SSCX – Essayer le cyclocross

SSCX
Source : One Gear
Discipline de routiers en mal de course en saison hivernale, le cyclocross est une niche de pratique. Mais depuis quelques années, le cyclocross prend de l’ampleur, en partie grâce a son succès populaire aux États-Unis et aux médias spécialisés en ligne. Il en est de même au sein de notre petite communauté, comme cela a déjà été évoqué sur One Gear. Peut-être êtes-vous d’ailleurs tenté(e) par l’expérience ou que cela vous intrigue. Une série d’articles commence avec celui-ci pour essayer de répondre à vos questions et va s’étendre dans les semaines qui viennent. En espérant que cela donne des idées à certains, pour se mêler aux évènements à venir !

Pour repartir des bases, le cyclocross est un effort court, intense, sur un vélo plutôt inadapté au terrain emprunté. Pourtant, cette discipline compétitive est plus abordable que les apparences ne le laissent penser et c’est un excellent complément à une pratique du VTT. Pour ce qui nous concerne, le cyclocross se prête très bien au singlespeed, avec ses parcours au dénivelé modéré, ses relances et son environnement parfois hostile, qui désavantage les multis (boue, feuilles, sable, etc.). L’absence de dérailleur permet de se concentrer sur l’essentiel : garder l’élan, le grip, pour gagner quelques secondes sur ses concurrents. C’est un bon moyen de se rappeler les bases du pilotage, sur une monture sans artifice de suspension ou de gros pneus.

SSCX
Source : One Gear
Évidemment, la solution de facilité pour essayer le cyclocross est de fréquenter un événement ou une série d’événements non affiliés, et donc non soumis à un règlement strict, voire proches de la communautéé singlespeed. Mais cela n’est pas possible pour tous et il faut parfois se contenter de ce qui existe localement. Ainsi, les trois principales fédération française (FFC, Ufolep, FSGT) reprennent tout ou partie du règlement cyclocross UCI. Les pneus ne doivent pas dépasser 33mm de large, le cintre 550mm et le pignon fixe est interdit. Même si ce règlement assez limitant est assoupli au niveau départemental, voire régional, l’environnement fédéral local n’est pas forcément le plus amusant pour une découverte.

Pourtant, cet assouplissement des règles fédérales est favorable pour permettre à de nouveaux pratiquants d’essayer la discipline à moindre frais. Ainsi, cela peut éviter d’investir dans une nouvelle monture dédiée, si on manque d’assurance ou de budget pour se lancer. La plupart des courses locales acceptent les VTT pour les coureurs qui souhaitent essayer la discipline. Cela peut être l’occasion de sortir du garage une monture oubliée, un peu désuète avec ses roues de 26″ et freins sur jantes. Les plus sérieux monteront une paire de pneus fins, voir un des quelques modèles dédiés cyclocross. Ils sont rares, mais peuvent remettre un vélo à jour pour cette nouvelle utilisation.

SSCX
Source : One Gear
Pour ceux qui sont équipés d’un 29″, c’est plus simple. Un changement de pneus peut permettre de se rapprocher du cyclocross, compte tenu de la taille de roues commune. Attention tout de même à la capacité des jantes à s’accomoder à des pneus fins, même s’il y a de plus en plus de choix de pneus autour de 40mm, grâce au gravel. Cela peut parfaitement faire office pour une utilisation ponctuelle et ainsi éviter (ou retarder) l’achat d’une monture dédiée.

Évidemment, cette dernière possibilité est la plus plaisante pour les amoureux de matériel que nous sommes. Comparativement à d’autres disciplines cyclistes et du fait des temps de course réduits, le cyclocross est peut-être plus sensible aux choix matériels. Le succès tient parfois à peu de choses, comme le choix d’un pneu ou d’un écart de pression d’un PSI, avec une certaine magie noire sur l’état du terrain en fin de course. Cela reste vrai entre amateurs ne disposant pas d’un arsenal de vélos et roues permettant de s’adapter rapidement aux conditions de course. D’ailleurs, certaines fédérations limitent le matériel autorisé pour dépannage, afin d’éviter la course à l’armement et les inégalités entre coureurs.

SSCX
Source : One Gear
Pour finir ce premier article, voici quelques conseils issus de quelques saisons de pratiques en singlespeed :

    • Comme en VTT singlespeed, le rapport de transmission est une affaire de goût, en fonction de son aptitude à délivrer de la puissance ou des tours par minute. Un ratio légèrement supérieur à 2×1 est une bonne base de départ avec des roues de 29″ / 700c (38 x 18, 39 x 19, etc.). Sur les courses roulantes, cela peut être trop juste pour faire jeu égal avec les multis, mais quand les conditions deviennent dures, vos cuisses vous en remercieront !
    • Plus que la sculpture des pneus, la pression est un paramètre primordial du cyclo-cross. Trouver le bon compromis entre grip et risque de crevaison vient avec l’expérience, mais surgonfler n’est pas une solution.
    • Un manomètre fiable et finement gradué est indispensable pour surveiller et reproduire la pression, course après course. C’est l’outil principal du cyclocrosser, plus utile qu’un stock de pneus divers et variés.
    • Du fait des passages à pied typiques de la discipline, des pédales avec une petite plate-forme facilitent les remontées sur le vélo (exemple : Crank Brothers Candy). Cependant, leur capacité à évacuer la boue est tout aussi important. Le compromis n’est donc pas facile…

Dans le prochain article, nous nous intéresserons aux produits dédiés à la pratique du cyclocross singlespeed. En attendant, préparez vous, la saison ne fait que commencer !